Kristina Solomoukha. Les objets qui parlent.

by florence cheval

Vue d’exposition, Les objets qui parlent, galerie Dohyang Lee,
photo Aurélien Mole.

Kristina Solomoukha réactive à la galerie Dohyang Lee le modèle de la bulle à calculi, né en Mésopotamie 4000 ans avant J-C.

A l’origine, les calculi, des “cailloux” en argile, servaient à la comptabilité. Afin de matérialiser un contrat d’échange commercial, on élabora des bulles-enveloppes en argile, dans lesquelles on plaçait le nombre de calculi représentant le nombre d’objets échangés, que l’on scellait ensuite. Ces bulles étaient brisées en cas de litige afin d’en révéler le contenu. Par la suite, le contenu des bulles fut imprimé sur la surface de la bulle elle-même, il devint donc inutile de les briser.
Plus tard, les bulles-enveloppes demeurèrent sous leur forme primaire de simples surfaces planes, sur lesquelles on imprima les signes qui menèrent à la naissance de l’écriture.

Le Département des Antiquités Orientales du Musée du Louvre possède un certain nombre de ces bulles à calculi mésopotamiennes.

Bulle-enveloppe à calculi avec empreintes de deux cylindres, Argile,
Epoque de Suse II ou époque d’Uruk (3800 – 3100 avant J.-C.),
Paris, Musée du Louvre

Bulle-enveloppe à calculi couverte d’empreintes d’un même cylindre,
Tell de l’Acropole, Argile,
Epoque de Suse II ou époque d’Uruk (3800 – 3100 avant J.-C.),
Paris, Musée du Louvre

Kristina Solomoukha matérialise sous cette forme les Contrats qu’elle a passé avec la galerie, mais aussi avec l’artiste Elfi Turpin et le graphiste Jean-Marie Courant, avec lesquels cette exposition est élaborée.
Ici, les biens faisant l’objet d’une transaction contractuelle ne sont plus le nombre d’animaux confiés au berger, mais les sculptures et les photographies présentées au sein de l’exposition.

Le contenu des bulles à calculi exposées au rez-de-chaussée est exposé dans une série de photographies présentées au sous-sol, sur les mains d’Elfi Turpin.

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