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Month: May, 2012

David Wojnarowicz.

David Wojnarowicz, Untitled (One day this kid…), 1990.
The Estate of David Wojnarowicz.

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Andy Warhol. Screen test.

Andy Warhol, Screen test. Edie Sedgwick

Andy Warhol’s Screen Tests were filmed from early 1964 – November 1966. They were originally conceived as film portraits, done on film rather than canvas.

http://www.moma.org/interactives/exhibitions/2010/warhol/#

http://www.yannbeauvais.fr/article_us.php3?id_article=35

The Beastie Boys. Sabotage.

The Beastie Boys, Sabotage, 1994, Video directed by Spike Jonze

“Sabotage” is a 1994 song by American hip-hop group Beastie Boys, released as the first single from their fourth studio album Ill Communication.
The song’s style is characterized as rapcore, featuring traditional rock instrumentation (Ad-Rock on guitar, MCA on bass, and Mike D on drums), turntable scratches and heavily distorted bass guitar riffs. A moderate commercial success, the song was notable as well for its video, directed by Spike Jonze and nominated in five categories at the 1994 MTV Music Video Awards, losing all of them.
In 2004, Rolling Stone magazine ranked “Sabotage” #475 on their list of the 500 Greatest Songs of All Time. In March 2005, Q magazine placed it at #46 in its list of the 100 Greatest Guitar Tracks, and was ranked #19 on VH1’s 100 Greatest Songs of the 90s list. Pitchfork Media included the song at #39 on their Top 200 Tracks of the 90s list. (…)
The song’s music video, directed by Spike Jonze and played extensively on MTV, is an homage and parody of 1970s crime drama television series such as Hawaii Five-O, The Streets of San Francisco, S.W.A.T., Baretta, and Starsky and Hutch. The video is presented as the opening credits of a fictional 1970s-style police show called Sabotage, with the band members appearing as the show characters. Each band member is introduced as a fictional actor, and the names of the characters are also given. (…)
At the 2009 MTV Video Music Awards, the “Sabotage” video won best video in the new category of “Best Video (That Should Have Won a Moonman)”. (…)
Following the terrorist attacks on September 11, 2001, the song was placed on the list of post-9/11 inappropriate titles distributed by Clear Channel. (…)

Source: Wikipedia

Photographie et politique.

Wolfgang Tillmans, Economy, 2006, Gelatin silver print

La photographie est, de fait, de par la nature de son médium, politique. C’est, en particulier la thèse que développe Walter Benjamin dans la Petite histoire de la photographie (1931) (1), et surtout dans L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1935-1939) (2). Dans ce dernier texte, les concepts de l’ancienne théorie esthétique (la création, le génie, la valeur d’éternité, le mystère), sont totalement récusés, car il n’est pas question de constituer un système d’évaluation esthétique des œuvres d’art, mais d’élaborer une théorie politique de l’art.

Pour Benjamin, la photographie est à l’origine de la destruction de l’aura que l’œuvre d’art portait en elle depuis ses origines. Marqué par les théories wébériennes de la désacralisation, il constate que la photographie a permis à l’art de se débarrasser de son sens religieux, de la valeur cultuelle qui le définissait jusqu’ici. Dans L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, Walter Benjamin affirme que la reproductibilité technique ébranle l’autorité de l’œuvre originale, provoquant le dépérissement de son aura. La reproduction constitue un moyen d’émanciper l’art de la tradition magique, religieuse, mais aussi de la doctrine de l’art pour l’art (que Benjamin considère comme une “théologie” de l’art, s’opposant ainsi à Hegel). La reproductibilité technique permet de rapprocher l’œuvre du spectateur, ce « récepteur idéalisé qu’est le public de la classe combattante » (Rainer Rochlitz, Le Désenchantement de l’art, la philosophie de Walter Benjamin (3)). La montée de la société de masse favorise le déclin de l’aura par le développement de la tendance à « rendre les choses spatialement et humainement plus proches de soi » et de la maîtrise de l’unicité de tout donné. Walter Benjamin constate que son époque est marquée par l’instauration de nouvelles conditions qui rendent possible la formulation d’exigences révolutionnaires pour l’art. L’évolution de la technique a contribué au développement de la photographie. « La possibilité technique de reproduire l’œuvre d’art modifie l’attitude de la masse à l’égard de l’art », nous dit Benjamin. Ce qui se substituera au rituel sous-jacent à toute œuvre d’art, c’est le politique. Le caractère artistique de l’œuvre d’art devient alors secondaire : « aujourd’hui la prépondérance absolue de sa valeur d’exposition lui assigne des fonctions tout à fait neuves, parmi lesquelles il se pourrait bien que celle dont nous avons conscience – la fonction artistique – apparût par la suite comme accessoire. » Ce primat du politique sur l’esthétique est développé dans L’auteur comme producteur (1934). L’émergence de la photographie inaugure une nouvelle fonction sociale de l’art.

L’œuvre d’art, en particulier la photographie, perd dès lors toute autonomie : « Affranchi de ses bases cultuelles par les techniques de reproduction, l’art désormais ne pouvait plus soutenir ses dehors d’indépendance. » Walter Benjamin fonde désormais la fonction de l’œuvre d’art sur le politique : « Au lieu de reposer sur le rituel, elle se fonde désormais sur une autre pratique : la politique » – on reconnaît bien ici l’influence qu’ont pu avoir sur lui les thèses de Brecht. Plus encore, la photographie constitue un moyen de résistance au fascisme (« premier mode de reproduction vraiment révolutionnaire »), dont la logique est celle d’une « esthétisation de la vie politique », à laquelle « le communisme répond par la politisation de l’art ».

Walter Benjamin ne précise pas, semble-t-il, dans quelles conditions la réception du message par le spectateur s’opère. Sans doute considère-t-il, sous l’influence des théories marxistes, que le photographe usant d’un medium fonctionnant de la même manière que l’ensemble des moyens de production procurera, sans nécessité de médiation particulière, son message politique, voire révolutionnaire, à la classe combattante. Susan Sontag (4) rejoint Benjamin lorsqu’elle affirme que « l’industrialisation de la technologie de la photographie n’a fait que réaliser une promesse qu’elle renfermait implicitement depuis ses débuts : démocratiser l’ensemble du vécu en le traduisant en images ». Mais elle s’en éloigne sur la question esthétique, car, d’après elle, c’est grâce à cette industrialisation que la photographie est devenue véritablement un art (« Ce n’est qu’avec son industrialisation que la photographie s’est épanouie en tant qu’art ») – esthétique et politique ne sont pas, à ses yeux, disjoints, bien au contraire. Ainsi, si l’aspect artistique devient secondaire, voire disparaît, pour Benjamin, il reste essentiel pour Susan Sontag.

(1) Walter Benjamin, « Petite histoire de la photographie », Études photographiques, 1er Novembre 1996, [En ligne], mis en ligne le 18 novembre 2002.URL : http://etudesphotographiques.revues.org/index99.html.

(2) Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, Œuvres, III, Paris, Gallimard, 2000.

(3) Rainer Rochlitz, Le Désenchantement de l’art, la philosophie de Walter Benjamin, Paris, Gallimard, 1992.

(4) Susan Sontag, Sur la photographie, Paris, Christian Bourgois, 1993.

Kristina Solomoukha. Les objets qui parlent.

Vue d’exposition, Les objets qui parlent, galerie Dohyang Lee,
photo Aurélien Mole.

Kristina Solomoukha réactive à la galerie Dohyang Lee le modèle de la bulle à calculi, né en Mésopotamie 4000 ans avant J-C.

A l’origine, les calculi, des “cailloux” en argile, servaient à la comptabilité. Afin de matérialiser un contrat d’échange commercial, on élabora des bulles-enveloppes en argile, dans lesquelles on plaçait le nombre de calculi représentant le nombre d’objets échangés, que l’on scellait ensuite. Ces bulles étaient brisées en cas de litige afin d’en révéler le contenu. Par la suite, le contenu des bulles fut imprimé sur la surface de la bulle elle-même, il devint donc inutile de les briser.
Plus tard, les bulles-enveloppes demeurèrent sous leur forme primaire de simples surfaces planes, sur lesquelles on imprima les signes qui menèrent à la naissance de l’écriture.

Le Département des Antiquités Orientales du Musée du Louvre possède un certain nombre de ces bulles à calculi mésopotamiennes.

Bulle-enveloppe à calculi avec empreintes de deux cylindres, Argile,
Epoque de Suse II ou époque d’Uruk (3800 – 3100 avant J.-C.),
Paris, Musée du Louvre

Bulle-enveloppe à calculi couverte d’empreintes d’un même cylindre,
Tell de l’Acropole, Argile,
Epoque de Suse II ou époque d’Uruk (3800 – 3100 avant J.-C.),
Paris, Musée du Louvre

Kristina Solomoukha matérialise sous cette forme les Contrats qu’elle a passé avec la galerie, mais aussi avec l’artiste Elfi Turpin et le graphiste Jean-Marie Courant, avec lesquels cette exposition est élaborée.
Ici, les biens faisant l’objet d’une transaction contractuelle ne sont plus le nombre d’animaux confiés au berger, mais les sculptures et les photographies présentées au sein de l’exposition.

Le contenu des bulles à calculi exposées au rez-de-chaussée est exposé dans une série de photographies présentées au sous-sol, sur les mains d’Elfi Turpin.

http://www.galeriedohyanglee.com/les-objets-qui-parlent-cp