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Month: March, 2012

Olaf Nicolai. Escalier du chant.

»My work has to do with the meaning of sound – as does the title of the work: when saying the French title “Escalier du Chant” out loud, there is an allusion to Marcel Duchamp. His work “Nude Descending a Staircase” painted 100 years ago, radically extended the traditional concept of the static picture into the visual experience of motion. Duchamp’s painting renders time visible. My work also combines a staircase with a temporal experience.« (Olaf Nicolai)

The spacious staircase of the Pinakothek der Moderne opens unto the rooms of the museum’s collection on the upper floor. It also constitutes a semi-public space which is deliberately reminiscent of the architecture of the Agora or Amphitheatre. By stepping onto the stairs, visitors also step onto a stage, although usually they do this without consciously “acting”. Using this situation as a starting point, twelve international composers were invited to compose songs to be performed on the stairs. The composers were asked to refer their songs to political events which had a certain current significance to them – events which can no more be predicted at this moment than the compositions themselves.

The songs were be performed as a cappella pieces on twelve Sundays in year 2011 on the central staircase. Even though the dates of the performances are fixed, the exact times are not: the singers will decide when they will perform and how many times they will repeat the performance each day. Instead of standing on a stage facing an audience, at every appearance the singers will join into the rhythm of the people stepping up and down the stairs. By entering and beginning their performance at random, they transform the stairs into a momentary stage, on which the audience now finds itself as participants in a play. Unlike a concert, the performances create an unexpected and brief situation that transforms the bodies of the people present, the audible sounds and the spatio-temporal framework of the situation into an unpredictable, performative configuration.

http://www.escalierduchant.org/

http://www.pinakothek.de/en/node/13719

http://www.frieze.com/issue/review/olaf-nicolai/

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Wolfgang Tillmans. Principe d’équivalence.

Wolfgang Tillmans, Vue de l’exposition Lighter, Hamburger Bahnhof, Berlin, 2008

La réflexion sur l’essence et sur les possibilités inhérentes au médium photographique constituent le cœur du travail de Tillmans. L’un de ses aspects essentiels réside dans son rapport spécifique à la question de l’original : Tillmans semble faire sienne l’approche benjaminienne du médium, qui repose sur la reproductibilité de l’image et sa perte d’aura. Dans L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1935), Walter Benjamin indique : « En multipliant les exemplaires, [la reproductibilité technique] substitue à son occurrence unique son existence en série. » (1) Wolfgang Tillmans explore pour sa part l’image photographique sous toutes ses formes, il la démultiplie à l’envi, dans un refus total, a priori, de toute hiérarchie. Pour lui, l’un et le multiple, de même que l’original et sa copie, se valent – ou plutôt, possèdent chacun une valeur intrinsèque.

L’essentiel, c’est que j’ai trouvé ma signature en montrant mes images sur un mode non hiérarchique. C’était une attitude très radicale à l’époque, de montrer des pages de magazine à côté de photographies originales et de laisser les photographies sans cadre; de ne pas faire de distinction, en termes de valeur – vous savez, ce qui appartient au mur, et ce qui ne lui appartient pas. Pour moi, la page imprimée a représenté une sorte de multiple illimité dès le départ. J’ai toujours adoré les magazines et les journaux, comme de véritables compositions et comme des objets; étant donné que je réalisais moi-même les maquettes de mes pages dans i-D à cette époque (1992-93), elles étaient aussi proches, pour moi, d’un original que je tirais moi-même dans la chambre noire. Je pense que cela était l’un des aspects essentiels. C’est venu naturellement à l’époque; je ne calculais pas cela froidement. Je pense que l’on n’est jamais conscient dans le moment que quelque chose peut devenir important; on n’en a que le pressentiment. (2)

Le principe d’équivalence (3)  entre les différents médiums est central dans le travail de Wolfgang Tillmans. Les photocopies, qui constituent les origines du travail artistique de Tillmans avant la photographie proprement dite, représentent un aspect essentiel du potentiel de multiplication de l’image. Ces photocopies sont pour l’essentiel issues d’images prélevées par l’artiste dans des journaux. On peut considérer une partie du travail de Tillmans comme relevant de certaines stratégies d’appropriation, telles qu’elles ont pu être exposées par Douglas Crimp dans l’exposition Pictures (1977, Artists Space, New York).

Les premières photocopies de Tillmans, présentées sous la forme de triptyques, rappellent en effet singulièrement les travaux de Troy Brauntuch, en particulier l’œuvre décrite par Douglas Crimp dans son article publié dans la revue October (4), dans laquelle l’auteur perçoit une volonté de faire céder le réel inhérent à l’image. Il décrit en particulier un triptyque réalisé d’après une illustration qui figure dans les mémoires d’Albert Speer, titrée « Hitler endormi dans sa Mercedes, 1934 ».
Dans l’installation de Troy Brauntuch, l’image de forme oblongue a été reproduite sous une forme extrêmement agrandie en partie centrale, sur laquelle a été disposée une autre reproduction de cette même image en partie gauche, ainsi qu’un focus sur un détail précis de l’image originelle en partie droite. De part et d’autre de ce panneau central figurent deux panneaux verticaux reproduisant d’autres photographies, elles aussi agrandies sur le principe du blow-up, de façon à ce que l’on ne puisse plus percevoir le réel qu’elles contiennent. Pour Douglas Crimp, ce travail de Brauntuch qui cherche à percer les secrets de l’image photographique induit paradoxalement une impression de distance, d’éloignement vis-à-vis de la dimension historique qu’elles portent.

L’utilisation du photocopieur pour pénétrer plus avant dans l’image et la forme du triptyque sont des éléments que l’on retrouve dans les premières photocopies de Tillmans. Ce dernier utilise également le fax (like praying (faded fax), 2005, un fax d’un tirage c-print portant le même titre et réalisé par Tillmans en 1994). Ces deux stratégies ont pour but de “filtrer” l’image, un processus qui peut tout à la fois augmenter le contraste et dégrader la qualité de l’image. Les tirages c-print issus de photographies photocopiées puis scannées, comme Venice (2007) et Victoria Park (2007) (salle 1 de l’exposition Lighter), mais aussi photocopy (Barnaby) (1994), un tirage plus ancien, représentent le prolongement de ce travail avec la photocopie. Wolfgang Tillmans souligne dans ces images les « tensions entre une clarté et une distance » (5) : on perçoit assez précisément ce qui est représenté, mais la manipulation de l’image procure une sensation d’éloignement, de distance dans l’espace et dans le temps – on pense à la définition de l’aura telle qu’elle a été formulée par Walter Benjamin, cette « unique apparition d’un lointain, si proche soit-il » (6).

(1) Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, Paris, Allia, 2003, p. 17.

(2) The main thing was that I found my signature in terms of showing my pictures in a non-hierarchical way. It was a very radical thing at the time, to show magazine pages alongside original photographs and to leave the photographs unframed; not to make a distinction in terms of value – you know, what belongs to the wall, what doesn’t. For me, the printed page has been a sort of unlimited multiple from the start. I always loved magazines and newspapers, as actual compositions and object; since I was designing some of my spreads in i-D at that time (1992-93), they were as close to an original work by me as the print that I was making in the dark room. I think that was one of the key aspect that I got across. It came naturally at the time; I wasn’t calculating it in a cold way. I guess you’re never aware at the time that it might me something important; you only ever have a presentiment of it.
Traduction personnelle.
« Peter Halley in conversation with Wolfgang Tillmans », in Jan Verwoert et al., Wolfgang Tillmans, Londres; New York, Phaidon, 2002, p. 14-15.

(3) Cette position de Tillmans est formulée dans le titre de l’exposition de 2003 à la Tate Britain : If one thing matters, everything matters.

(4) Douglas Crimp, « Pictures », in October, n°8, Printemps 1979, p. 75-88.

(5) The photocopy-based c-prints embody the paradox of compacting and expanding visual information. Also at play are tensions between clarity and distance, and given that the effect of the process is somewhat flattening-between two- and three-dimensional space.
Traduction personnelle.
Julie Ault, « The Subject is Exhibition (2008). Installations as Possibility in the Practice of Wolfgang Tillmans », in Julie Ault et al., Wolfgang Tillmans, Lighter, Ostfildern, Hatje Cantz, 2008, p. 20.

(6) Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, op. cit. p. 19.

Michael Heizer. Levitated Mass.

Michael Heizer, preliminary sketch for Levitated Mass, 2011.

Now that the famous 340-ton rock specified for Michael Heizer’s piece, “Levitated Mass,” has been safely transported from a Riverside quarry to LACMA, critics and viewers can shift their attention to the many art events happening this week.

On Tuesday, February 28th, a 340-ton granite megalith left Riverside County, California, to its final destination, the Los Angeles County Museum of Art (LACMA), where it arrived on Saturday, March 10th.

Levitated Mass by artist Michael Heizer was conceived in 1968. But the appropriate megalith was found only decades later.
It will be installed on a 456-foot-long slot, so that the visitors can walk underneath it. The excavation is also an important part of the work. One should think of Michael Heizer’s Double Negative (1969-70), which consists of two trenches cut into the Mormon Mesa, Nevada – over 300 miles from Los Angeles.
The boulder will be kind of suspended over the floor.

At 340 tons, the boulder is one of the largest megaliths moved since ancient times. Taken whole, Levitated Mass speaks to the expanse of art history, from ancient traditions of creating artworks from megalithic stone, to modern forms of abstract geometries and cutting-edge feats of engineering.

Levitated Mass is expected to open to the public in early summer, 2012.

More information on Observatoire du Land Art: http://obsart.blogspot.com/

Mona Hatoum. The Negotiating Table.

Mona Hatoum, The Negotiating Table, Dec. 3rd, 2011.

Re-performance of Negotiating Table, 1983.
180′ live.
Courtesy: the artist. Photo: Maya Wilsens.

Meeting Points. Contemporary Art Festival from the Arab World.
Locus Agonistes: Practices and Logics of the Civic
Curated by Okwui Enwezor.
Argos Arts Center, Brussels. http://www.meetingpoints.org/

On the 3rd of December 2011, Mona Hatoum reenacted a performance from 1983, The Negotiating Table.

This performance was an explicit response to the Israeli invasion of Lebanon that took place in 1982.
Mona Hatoum lay motionless on a table for several hours, blindfolded. She was enclosed in a plastic bag, covered with blood, her feet bound with a rope, carrying entrails stuck to her chest. Some empty chairs. A single light bulb illuminated her. One could hear a flow of news reports of the war and leaders in peace negotiations.
The Western Front — where Hatoum was an artist-in-residence in 1984 — hosted what is considered as her most overtly political performance.

The obvious, sinister meanings are made to stick to the viewer through the visibility/invisibility of the body, showing the live artist and representing the dead.

Mieke Bal, Quoting Caravaggio: Contemporary Art, Preposterous History, University of Chicago Press, 2001, p. 138.

Errol Morris. Recovering reality.

Recovering Reality: A Conversation with Errol Morris for the Columbia Journalism Review. http://www.cjr.org

Errol Morris website: http://errolmorris.com/

The Art Workers’ Coalition.

For more information on the Art Workers’ Coalition : http://www.primaryinformation.org/index.php?/projects/art-workers-coalition/
Kirsten Forkert set up a project to revisit the texts of The Art Workers’ Coalition: http://www.joaap.org/5/articles/forkert.htm

Moreover, Primary Information announces the launch of a selection of Seth Siegelaub’s publications from the 1960s and early 1970s as free downloadable pdfs.
Among them is the The United States Servicemen’s Fund Art Collection, a fund-raising collection catalogue for the USSF, an organization set up to promote free speech within the US military, and which was especially engaged in anti-Vietnam War activity by means of the funding and support of G.I. newspapers and cultural actions : http://www.primaryinformation.org/files/ussf.pdf

Helke Sander. Aus Berichten der Wach- und Patrouillendienste – Nr. 1 (Excerpts from Reports of the Guard and Patrol Service – Nr. 1), 1984.

Germany, 1984, Short film, 10′

“If you think about things, you become radicalized”
(Helke Sander in conversation with Renate Fischetti, Gespräch 47).

For more information about the work of Helke Sander: http://www.fembio.org/english/biography.php/woman/biography/helke-sander